Toute entreprise se doit d’investir en permanence pour optimiser son fonctionnement, et particulièrement depuis quelques années pour l’utilisation du potentiel technique offert par le réseau Internet (messagerie, web, serveur ftp, e-learning, développement collaboratif…). L’un des points importants de cette mutation concerne évidemment sa présence sur le web.Les premiers pas sur le web s’avèrent simples en général, puis deviennent plus complexes à mesure que l’ambition de l’entreprise croît. La phase ultime consiste à repenser l’organisation générale de l’entreprise autour du réseau et du web afin de maximiser le partage et les échanges tout en minimisant les redondances, les oublis, les procédures matérielles. L’entreprise vise alors une approche globale de toutes ses dimensions : métier, production, marketing, commerciale, administrative, technique…

Même simple, un projet web mérite d’être abordé selon une démarche structurée : cela suppose un certain nombre d’étapes, de réflexions, et de réponses à des problématiques classiques. Mais cela évite bien des déconvenues, d’objectifs non atteints en budget mal contrôlé. Sur un versant plus positif, cela prépare l’entreprise à aborder des étapes futures.

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Les étapes qui composent le projet web ne le différentient pas d’un projet informatique classique : ce sont leurs contenus qui lui donnent sa spécificité. Nous faisons entrer les réflexions à conduire dans deux catégories : d’une part, l’avant projet qui concentre des prises de décisions stratégiques, de l’autre l’expression de besoins qui consigne les aspects fonctionnels et techniques dans le détail.

Les travaux d’avant projet et d’expression de besoins sont clairement distincts, et disposent de degrés de liberté l’un par rapport à l’autre. Ils peuvent être traités par des équipes différentes, nécessitent des compétences complémentaires et doivent être produits en séquence.
Malgré cette dichotomie ces deux phases projet ne sont pas dans une relation d’indépendance. La réflexion stratégique qui s’apparente souvent à une phase créative et pleine d’enthousiasme doit connaître ses limites pour jouer pleinement son rôle :

  • Il n’est pas suffisant d’être robuste sur son métier pour faire des choix judicieux qui valoriseront ce métier sur le web. Il faut également bien connaître les potentialités du web et la façon dont il est possible de les rendre concrètes. Notons au passage que ces potentialités évoluent rapidement, et que les maîtriser suppose une veille active.
  • Même si la stratégie précède les autres étapes, il n’est pas un projet sans que cette stratégie soit remise en cause par des questions de coût, de délais, d’organisation… Le projet nécessite donc que quelques itérations soient bouclées pour se stabiliser. C’est d’ailleurs un point délicat sur lequel différentes méthodes de management de projet s’affrontent : durée et nombre des itérations, phases de développement incluses dans les itérations ou non.

 

L’entreprise ne dispose pas toujours de la culture web en interne. C’est même rarement le cas lors de ses premiers pas. L’apport extérieur est alors la seule solution possible, sans que ce soit un inconvénient.
Nous estimons en effet indispensable qu’un spécialiste du web, ou au moins une personne faisant preuve de compétences en la matière y compris techniques, participe aux réflexions stratégiques métiers. En revanche il ne nous semble pas nécessaire que ce spécialiste arbore une connaissance approfondie du métier de l’entreprise.

Concernant l’organisation projet proprement dite, nous considérons que la vision à l’ancienne (avant projet, cahier des charges, développement) sans itération est révolue. Nous voyons donc l’intérêt du principe RAD (Rapid Application Developement) qui introduit des cycles plutôt courts de développement. Au-delà, les méthodes eXtreme Programming nous paraissent trop radicales. Elles posent à nos yeux trop de soucis soit dans l’organisation projet soit au niveau de relations client-fournisseur.
Enfin concernant la taille des itérations et le couplage stratégie-développement, distinguons selon l’ampleur du projet :

  • Il nous semble dommageable sur un petit projet que des variations stratégiques influent sur des développements en cours : il vaut mieux que les développements s’entament une fois les besoins stabilisés, et c’est généralement rapide sur un projet simple.
  • Au contraire sur un projet plus vaste, des évolutions stratégiques, si elles ne sont pas trop rapides seront comprises comme évolutions naturelles du projet. Autrement dit, il est toujours possible de découper un grand projet en phases dont chacune est suffisamment courte pour être simple et stable, chaque phase étant cependant amenée à infléchir la précédente. D’ailleurs refuser ces découpages conduit à l’inacceptable, c’est à dire à l’attente stérile
    • le client ou l’utilisateur est impatient
    • un sous-ensemble apporte déjà une valeur ajoutée dont il faut profiter
    • l’environnement a déjà trop changé lorsque le projet est prêt dans son ensemble
    • les erreurs détectées sur une première phase bénéficient aux suivantes

Schéma et contenu du projet

Lister quelques exemples des concepts à traiter permet de caractériser le web au sein de l’informatique en général :

  • objectifs d’une entreprise s’intallant sur le web
  • caractéristiques d’une entreprise à prendre en compte
  • fonctionnalités web
  • architecture et éléments techniques
  • organisation de projet à mettre en place pour un développement
  • interactions entre les étapes projet : comment interpréter les flèches disposées sur le schéma

 

Objectifs d’entreprise

Les entreprises qui viennent sur le web ont des motivations extrêmement variées :

  • exposer un contenu institutionnel/créer ou compléter une image
  • prospecter
  • offrir un catalogue de produits et services
  • vendre en ligne
  • proposer des prestations et des services dématérialisés
  • mettre à disposition un SAV de premier niveau
  • intra-net/extra-net administratifs ou collaboratifs (à destination des fournisseurs, des collaborateurs ou de toute autre communauté)

Caractéristiques de l’entreprise

Les caractéristiques des entreprises conditionnent évidemment ses objectifs mais aussi les fonctionnalités et leur implémentation. Notons quelques éléments importants :

  • taille
  • notoriété
  • parts de marché
  • secteur d’activité
  • nombre et profils des clients
  • nombre et profils des fournisseurs
  • existant fonctionnel informatique
  • existant d’infrastructure matériel

Fonctionnalités web

Cette liste peut paraître bien longue mais ne saurait pourtant être exhautive :

  • exposer un contenu
  • multilingue
  • présenter un catalogue
  • caddy et paiement en ligne
  • forum de discussion
  • session et sécurisation des échanges
  • référencement gratuit
  • référencement payant
  • liens sponsorisés
  • campagnes publicitaires
  • moteur de recherche
  • développement collaboratif
  • liaisons avec des applications internes existantes
  • liaisons avec des applications externes (fournisseurs partenaires …)
  • administration
    • changement de contenu on-line, et gestion des versions pour validation
    • outil de contrôle des liens internes et externes
    • outil de simulation de la notoriété interne (PageRank)
    • statistiques de consultation
    • statistiques de navigation
    • CRM webmining

Architecture et éléments techniques

  • bande passante réseau
  • nombre de transactions (capacité de traitement)
  • hébergement (mutualisé, dédié, interne, externe)
  • OS (Linux, Unix, Windows)
  • moteur base de donnée
  • infrastructure serveur d’applications
  • développement (Java, PHP, .NET/C#, progiciels…)

Organisation de projet

  • rassembler les compétences
    relations contractuelles entre les parties prenantes

    • graphique design
    • intégration html
    • rédaction de contenu
    • traduction
    • développement (programmation, base de données, paramétrages)
    • installation d’infrastructures logicielle et matérielle
    • pilotage et administration
  • modalités de suivi du projet (indicateurs, point d’avancement…)
  • modalités de pilotage
  • suivi et reporting (délais, coûts…)

Interactions entre les étapes projet

Ce thème est riche, et ce paragraphe se saurait être exhaustif. Il ne faut pas y voir plus qu’une illustration de quelques relations possibles. C’est d’ailleurs pourquoi un spécialiste est bien utile sur un chantier web. Il a les réflexes qui conviennent face à une multitude de détails.

  • L’équipe cliente influe sur les caractéristiques de l’entreprise : en réalité il s’agit plutôt d’un tri ou d’une sélection de caractéristiques. Par exemple, on va décider d’ignorer un existant informatique, ou de ne traiter qu’un sous-ensemble des clients.
  • Au départ ce sont bien sûr les caractéristiques de l’entreprise et l’équipe projet qui fixent des objectifs.
  • Les objectifs doivent être traduits en fonctionnalités web. Mais la correspondance n’est pas directe, et les caractéristiques de l’entreprise influent sur la définition de ces fonctionnalités.
    Les caractéristiques de l’entreprise influent sur l’architecture technique : il faut de la bande passante et de la capacité de traitement en rapport avec la notoriété et la volumétrie du panel de clients. Dans un autre domaine, le choix d’un OS ou d’une infrastructure peut dépendre d’un existant technique, de compétences humaines et de relations avec des fournisseurs.

    • Ainsi par exemple une entreprise de petite taille et de faible notoriété qui souhaite prospecter sur le web sera très satisfaite d’un bon travail de référencement, et éventuellement d’achat temporaire de liens sponsorisés. Une société de forte notoriété pour le même objectif sera obligée de se lancer dans une campagne publicitaire.
    • Pour prendre un autre exemple, une société qui souhaite vendre en ligne devra envisager plusieurs moyens de paiement si elle vise une clientèle réputée réticente à l’usage de la carte bancaire.
  • Bien entendu les fonctionnalités web posent des contraintes sur l’architecture. Le plus souvent sur l’architecture logiciel : serveur d’applications ou pas, base de données ou pas, EAI de liaisons avec d’autres applications, services web… dans une moindre mesure les fonctionnalités peuvent influencer le matériel : une fonctionnalité lourde demandera de la capacité de traitement.
  • Les fonctionnalités et l’architecture définissent dans une large mesure les coûts et les délais. Cependant l’équation est subtile dans le détail. Par exemple, une pression mise sur les délais peut conduire à une organisation de projet qui en réponse augmente les coûts. La capacité (disponibilité et compétences) de l’entreprise à conduire les études et développements du projet se traduit directement dans l’organisation et dans les coûts.
  • Reste enfin à citer les boucles retours qui induisent souvent des itérations. Les coûts ou les délais ne sont pas acceptables par l’entreprise qui révise alors ses objectifs. Ou encore, la réalisation du projet met à jour des imprévus : oublis, quiproquos, erreurs d’appréciation… C’est le cas du projet qui dérape avec un cortège de décisions fonctions de l’intensité du séisme : changement d’organisation, révision des coûts, des délais et indirectement des objectifs.